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Saviez-vous que nos rivières sont régulièrement exposées à des déversements d’eaux usées? Ces rejets, presque inconcevables pour nos sociétés dites développées, demeurent pourtant une réalité préoccupante et largement méconnue.

La rivière Saint-François et les nombreux cours d’eau qui sillonnent notre région sont pourtant des sources d’appartenance, abritent de nombreuses espèces, offrent des lieux de baignade et alimentent certaines prises d’eau potable. Pourtant, ces milieux sont fragilisés par des pratiques qui persistent depuis des décennies : le rejet d’eaux usées non traitées.

Un palmarès qui choque

Selon le Palmarès 2024 des déversements d’eaux usées, publié par la Fondation Rivières, 415 municipalités québécoises ont enregistré 44 809 épisodes de déversements dans les lacs et rivières en 2024. Bien que ce chiffre soit en baisse par rapport à 2023, il reste alarmant. Plus inquiétant encore, 271 municipalités ont dépassé les normes de rejets fixées par le ministère de l’Environnement (MELCCFP).

Ces déversements sont interdits par temps sec (48 heures sans pluie), mais tolérés dans une certaine mesure lors de fortes précipitations. Or, plusieurs municipalités ont effectué des rejets illégaux par temps sec, ce qui accentue les impacts sur la qualité de l’eau et la faune aquatique.

Windsor et Richmond : des chiffres qui interpellent

Chez nous, la situation n’est pas anodine. Windsor, avec ses 5 323 habitants, a connu 123 déversements en 2024. Richmond, pour sa part, en a comptabilisé 70 pour une population de 3 265 habitants. Ces chiffres, bien qu’inférieurs à ceux des grandes villes comme Sherbrooke, rappellent que le problème n’épargne pas les petites communautés.
Chaque épisode de déversement transporte des contaminants qui nuisent aux poissons, privent l’eau d’oxygène et compromettent la qualité des prises d’eau potable. En été, ces rejets réduisent la disponibilité de sites de baignade sécuritaire et affectent les activités nautiques.

Pourquoi ces rejets persistent-ils?

Selon la Fondation rivières, la réponse tient en partie au manque de financement et à la lenteur des correctifs. Certaines municipalités ont entrepris des travaux : modernisation des stations d’épuration, infrastructures vertes pour retenir l’eau de pluie, plans d’action pour cibler les ouvrages les plus problématiques. Mais le rythme est insuffisant.
Depuis 2013, le soutien technique offert aux municipalités a diminué. Le ministère des Affaires municipales, qui possédait une connaissance fine du terrain, n’assure plus ce rôle, et le ministère de l’Environnement peine à combler ce vide.

Des solutions à portée de main

La Fondation Rivières propose la création de bureaux de projets régionaux, inspirés de ceux mis en place pour l’adaptation aux inondations. Ces structures permettraient un meilleur arrimage entre les acteurs locaux et ministériels, avec un accompagnement personnalisé pour planifier les interventions prioritaires.
Au-delà des infrastructures, il faut aussi une volonté politique forte et une sensibilisation accrue. Car derrière les chiffres se cache une réalité : chaque rejet compromet la santé de nos rivières et, par ricochet, notre qualité de vie.

Un appel à l’action

Le Val-Saint-François est fier de ses cours d’eau, mais, pour continuer à en profiter, il faut agir. Exigeons des investissements, des plans concrets et une transparence accrue. Informons-nous, interpellons nos élus et soutenons les initiatives locales qui visent à protéger nos cours d’eau.

Pour plus d’informations sur le sujet :

Lire la chronique précédente :

 

2 commentaires

  • Bonjour, malheureusement je ne pense que toutes les personnes élues soient informées de cette situation dans l’ensemble de la MRC car certaines municipalités ne gèrent pas d’usines d’épuration. J’ose espérer que les élus des villes concernées que sont notamment Richmond et Windsor le sont mais il y a plusieurs nouvelles personnes au conseil. De plus, j’espère que les employés responsables de l’eau prennent cela au sérieux. Je vous invite à communiquer avec elles et eux comme nous le faisons avec le comité citoyen vers un val vert ! D’ailleurs vous pouvez suivre nos activités et publications sur le groupe Facebook notamment.

  • Est-ce que chacun des Élues, Élus de notre MRC sont au courant de ces chiffres exorbitants??
    Très important, selon moi, que tous ces décideurs soient très bien informés à ce sujet! Qu’ils reçoivent et lisent cet article et en discutent svp! C’est la base d’une décision éclairée!!
    Nos petits enfants nous accuseront… sinon ! Merci de transmettre dans un autre article!!
    Le changement de comportement demande beaucoup de répétitions!!

Les commentaires sont fermés.

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